"Elle construit un palais de mémoire qui, à mesure qu'il se peuple de sexes
nouveaux, se complique de couloirs, d'annexes et de dépendances. Les portes y
sont toujours plus nombreuses. Elle aurait pu prendre des photos et en faire
collection, elle aurait pu tenir un carnet de comptes ou de croquis, utiliser
comme support un tableur ou un journal intime, confier à d'autres ses souvenirs
plus ou moins retouchés, elle aurait pu oublier - elle a préféré construire un
palais." De chambre en chambre, Jeanne rencontre des hommes. Elle verrouille des
portes qui l'enferment avec des inconnus et les rouvre un peu plus tard,
emportant avec elle le souvenir du sexe qu'elle a mis à nu, oubliant la
personne. Imaginons une vie qui ne serait que sexuelle. Jeanne circule dans
Paris et y trame une géographie fantasmatique. Parfois, elle tombe dans les
filets qu'elle a elle-même tendus. Une romance à un personnage. Une romance
d'aujourd'hui.