La jeunesse de René Crevel et la genèse du surréalisme sont une même histoire,
celle de l’exaspération des refus au sortir de la grande tuerie de 14-18,
l’affirmation d’une volonté de transformation du monde,
transformation dont l’arme majeure est la dérision.Affaibli par la
tuberculose, angoissé par les tendances suicidaires, Crevel manifestait
cependant, dans le quotidien comme dans ses livres, une volonté de vivre
pleinement et librement, qui le portait à refuser et à combattre toute
hypocrisie et tout dogmatisme, même quand ils étaient le fait de ses compagnons
de route.René Crevel s’est donné la mort en 1935, l’âge d’or
du surréalisme et la pleine maturité pour cet écrivain de 35 ans. Il laissait
derrière lui quelques-uns des livres qui comptent parmi les
chefs-d’œuvre de ce temps.