quipourquoicela faitDans ce livre très original, Hartmut Rosa analyse les
ressorts, les ambivalences et les potentialités d'un phénomène culturel parmi
les plus énigmatiques des dernières décennies. De l'Indonésie au Brésil en
passant par la Scandinavie, le Japon ou la Mongolie, le metal est l'une des
musiques les plus populaires au monde bien qu'elle soit diffusée, jouée et
écoutée en dehors des réseaux médiatiques dominants.Grand fan de metal et
musicien amateur, le philosophe allemand produit ici une sociologie stupéfiante
de ce sous-genre musical dont la profondeur et l'ambition sont souvent
incomprises. Il ne se contente pas de montrerécoute du metal – principalement
des hommes, plus sociables et sensibles que la moyenne, souvent issus des
périphéries, dont le rapport à la musique est au centre de leur vie. Il cherche
surtout à comprendreon en écoute, et ce queà ses auditeurs.À la différence de la
musique pop, ou de celles qui cherchent les combinaisons les plus harmonieuses,
le metal, lui, ne refoule rien. L'aliénation, les convulsions de notre
existence, la mort : tout cela est palpable, audible, présent, dans les textes
et les visuels. Mais elles n'ont pas le dernier mot. À la corruption du monde,
la musique répond par son chant, ses sonorités. Elle porte ainsi également une
promesse, celle d'une résonance singulière avec le monde, qui, si l'on parvient
à s'en saisir, ouvre sur une vibration existentielle que la plupart des autres
aspects de nos vies modernes éludent ou négligent.