Ce livre propose une pensée de la destruction comme matrice — une philosophie de
la rupture où l'accident n'est plus un événement extérieur, mais la condition
même de l'apparition d'une forme nouvelle. Une forme qui ne prolonge pas
l'ancienne mais surgit en la brisant, sans continuité, sans héritage, comme si
la métamorphose passait par l'abandon pur et simple de ce qui fut. Qu'est-ce
qu'une identité qui se constitue ainsi à partir de sa destruction ? Ontologie de
l'accident explore cette énigme. Blessés de la vie, malades d'Alzheimer,
victimes de traumas... De Duras à Ovide, de Thomas Mann à Kafka et Freud, un
même constat traverse les récits : une identité nouvelle surgit — étrangère,
sans lien avec l'ancienne. L'accident révèle l'oeuvre de la plasticité
destructrice