Dès 1924, D.H. Lawrence faisait un constat sans appel : par sa propre faute,
l'homme a été rejeté de la Nature. Son rapport mécanique à ce qui l’entoure
détruit non seulement son environnement mais le tue, lui aussi, à petit feu.
Pour rompre le maléfice, l’homme doit cesser de vouloir conquérir. Pour vivre à
nouveau, il doit laisser le dieu Pan renaître de ses cendres.
Au cours de cette mise en garde nerveuse et visionnaire, Lawrence convoque la
puissance vitale du mythe. Roche, arbres, feu, étoiles... Conte moderne,
méditation lyrique, Pan en Amérique nous transporte dans une nature sauvage et
sensuelle dont on sort comme d’un rêve. Revient au lecteur de trancher : “Nous
pouvons encore choisir entre l’univers vivant de Pan et l’univers mécanique
conquis de l’humanité moderne.”