Paria ferme la trilogie commencée avec Híkuri et continuée avec Pèlerin. En
mêlant étroitement vers et prose, Paria semble vouloir embrasser à nouveau
l'errance du poète du nord au sud du Mexique – terre renaissant dans sa langue
comme un territoire sacré. José Vicente Anaya, d'un bout à l'autre de sa
trilogie, réinvente son expérience, la dit de façon neuve. Là où Híkuri semblait
prôner un dérèglement des sens, dans l'ivresse du peyotl, Paria, semble-t-il,
fait le chemin inverse, cherchant, à retrouver un sol perdu, une réalité
rugueuse. L'hommage aux Petits poèmes en prose de Baudelaire, auquel le poète se
livre, aborde, dans le réalisme du récit, les souvenirs de l'errance du poète à
travers lesquels il nous livre une relecture de l'histoire politique mexicaine.