Dire « nous » après l’esclavage et la colonisation
« La Guadeloupe est à nous, la Guadeloupe n’est pas à eux, nous ne les
laisserons pas faire ce qu’ils veulent dans notre pays. » Lors de la grève qui a
paralysé la Guadeloupe début 2009, cet hymne faisait office de cri de ralliement
pour le collectif contre la « profitation » (LKP).
Mais que recouvre le « nous » dans ce slogan et au-delà ? Com-ment peut-on faire
communauté, penser un avenir commun sur un territoire insulaire transformé par
l’histoire de la colo-nisation, de l’esclavage, de l’installation massive de
travailleurs engagés, notamment indiens, et encore fortement marqué par la
domination économique de descendants de colons ?
En enquêtant sur les manières dont se définissent les habitants de la
Guadeloupe, Ary Gordien met en lumière des systèmes de représentation divers,
souvent conflictuels, qui ont résulté de l���histoire de la colonisation et de
l’exploitation mais aussi des luttes pour l’émancipation.