Sylvain Prudhomme est romancier. Son œuvre, publiée d’abord dans la collection
L’Arbalète de Gallimard, se poursuit aux éditions de Minuit. Début 2020, une
galerie lui passe commande d’un autoportrait. Sur la page d’un carnet, il trace
un rectangle de la taille d’une photo d’identité, et le remplit, en un seul
geste d’écriture. Piqué au jeu, il recommence, compose une longue série de
textes Ces autoportraits en champ-contrechamp, enregistrent ainsi en temps réel
les flux et les reflux de l’énergie, la croissance ou le repli de la joie.
Écriture active, la phrase instantanée possède la vertu de produire cette joie,
dans l’élan de son tracé, en équilibre instable. Qui sait ce qui sera écrit ?
Élan cadré pourtant, et qu’il faut mesurer, au moment où on le prend, pour
parcourir de la plume l’espace vide. Il en résulte Photomatons, un livre qui se
situe entre le journal, la poésie, et l’essai au sens originel du terme, que
l’auteur confie aux Éditions L’Usage.