La grenouille Lorsque la pluie en courtes aiguillettes rebondit aux prés
saturés, une naine amphibie, une Ophélie manchote, grosse à peine comme le
poing, jaillit parfois sous les pas du poète et se jette au prochain étang.
Laissons fuir la nerveuse. Elle a de jolies jambes. Tout son corps est ganté de
peau imperméable. À peine viande ses muscles longs sont d'une élégance ni chair
ni poisson. Mais pour quitter les doigts la vertu du fluide s'allie chez elle
aux efforts du vivant. Goitreuse, elle halète. Et ce coeur qui bat gros, ces
paupières ridées, cette bouche hagarde m'apitoyent à la lâcher.