On désigne par « poésie concrète » une forme de poésie expérimentale qui ne fait
appel ni à la syntaxe ni au rythme et considère le poème comme un objet sensible
indépendamment de son sens. Depuis 2017, le MAMCO dédie un espace d'exposition
permanent à ce mouvement à la fois artistique et littéraire qui se développe à
partir des années 1950. Un mobilier, spécialement conçu pour ce cabinet, permet
de rendre disponible au public ces poèmes choisis qui font de la lettre et du
mot des entités morphologiques spatialisées. Cette programmation s'est d'abord
nourrie de la collection Zona Archives élaborée par l'artiste Maurizio Nannucci
à Florence. Ce fonds, dans lequel on trouve des figures artistiques majeures
comme Ian Hamilton Finlay ou les Brésiliens Augusto et Haraldo de Campos, est
l'un des plus importants consacrés à la poésie concrète et a été mis en valeur à
Genève jusqu'en 2020 à travers plusieurs expositions qui ont permis d'en
découvrir la richesse et l'ampleur. La même année, l'acquisition du fonds Steven
Leiber, riche de près de 400 items, a consolidé l'existence de ce cabinet dans
lequel a débuté une série d'expositions monographiques dont la première a été
consacrée à Franz Mon.
C'est l'histoire récente de cet espace et de ce fonds que décrit cet ouvrage, à
travers une introduction de Paul Bernard et un entretien avec Maurizio Nannucci.
À cela s'ajoute le commentaire des travaux d'une dizaine d'artistes, afin de
dresser un panorama international des pratiques liées à la poésie concrète et de
leur diffusion.