"Je sais parce que je le dis Que mes désirs ont raison Je ne veux pas que nous
passions À la boue Je veux que le soleil agisse Sur nos douleurs qu'il nous
anime Vertigineusement Je veux que nos mains et nos yeux Reviennent de l'horreur
ouvertes pures Je sais parce que je le dis Que ma colère a raison Le ciel a été
foulé la chair de l'homme A été mise en pièces Glacée soumise dispersée Je veux
qu'on lui rende justice Une justice sans pitié Et que l'on frappe en plein
visage les bourreaux Les maîtres sans racines parmi nous Je sais parce que je le
dis Que mon désespoir a tort Il y a partout des ventres tendres Pour inventer
des hommes Pareils à moi Mon orgueil n'a pas tort Le monde ancien ne peut me
toucher je suis libre Je ne suis pas un fils de roi je suis un homme Debout
qu'on a voulu abattre" Le travail du poète, VII