Dans Poudreuse, invitation à suspendre le temps pour penser au-delà de nos
positions, de nos générations et de nos traditions, la poésie fait surgir des
ruines l’espoir d’un renouveau, d’une vitalité retrouvée et d’une communauté
imprévisible qui ne demande qu'à être reconnue pour se manifester. Dans un
rapport étroit à l'oralité, par la polyphonie de répliques qui pourraient
converger en une seule et même voix, l'écriture piège les “solistes” du
libéralisme. L'autrice débusque leurs mobiles, leurs manies, leurs tactiques,
tandis que la neige – métaphore du système qui nous ensevelit ? –, à la manière
du temps qui passe, imperturbable dans sa chute et implacable dans sa manière de
recouvrir le réel, vient traverser cette “chronique imparfaite [de l'époque], à
l'impératif hors mode, demandant au temps de l'écrire”.