La possibilité existe. Encore diffuse mais chaque jour plus envisageable, au fur
et à mesure que la Belgique s’enlise dans la crise politique. La scission du
pays a quitté le rang des tabous pour esquisser un des futurs probables. Sans
que l’on se soucie beaucoup de notre avis. Les simulacres de démocratie. À
l’heure où j’écris, les Italiens ont droit au bouffon mafieux Berlusconi, les
Français au cocaïnomane Sarkozy, et nous, pour faire bref, à personne. Un an
sans gouvernement fédéral, record du monde en cours. Il est temps de s’arroger
le droit de dire deux ou trois conneries contradictoires, moi qui pourtant rêve
de la disparition des états, qui ne crois ni aux frontières ni aux pays. Dans ce
long tunnel de crise politique, voire de crise d’identité, que traverse la
Belgique, des voix se font entendre pour une scission du pays. Audibles en
Flandre depuis longtemps, certaines de ces voix, bien que minoritaires, nous
parviennent de plus en plus nettement du côté francophone, notamment chez les
autoproclamés « rattachistes » à la France. Partant de ce constat et de celui
que ce débat ne peut se tenir à partir d’un lieu rationnel ¬ – au contraire de
ce que tentent de faire accroire les différents acteurs –, l’auteur livre son
point de vue : en aucun cas, quoi qu’il advienne du pays, il ne souhaite devenir
français. Loin du « belgicanisme » primaire, exprimés dans une langue poétique
et accessible, ses arguments intelligibles ou de mauvaise foi totalement assumés
représentent peut-être une majorité silencieuse qui ne s’est pas encore exprimée
à ce jour.