journal pot pourriDans ceElse Lasker-Schüler raconte sa vie de réfugiée à Zürich
entre 1933 et 1938. Il s’agit de l’un des rares textes en prose où la poétesse,
habituellement connue pour la fantaisie de son imagination et de son style, rend
compte avec réalisme de sa vie quotidienne. Cela dit, cette part de réalité
parfois très crue, ne l’empêche pas de livrer au lecteur – ami et confident
auquel elle s’adresse – une prose en forme de chant. Par moments, d’ailleurs,
surgissent du texte de véritables poèmes dont certains semblent improvisés sur
le vif et où fuse un humour tantôt très tendre, tantôt très noir.
A travers cet autoportrait nous arrivons à saisir l’originalité de la poétesse
chère aux auteurs et aux peintres expressionnistes, ainsi que l’extrême liberté
de son style poétique.