la mer gelée s’inspire de l’idée d’Emmanuel Hocquard pour qui traduire, c’est
d’abord « gagner du terrain ». L'aventure de la mer gelée a maintenant plus de
25 ans. Passée par tous les modes de publication, sur le web, sur papier et auto
édité, sur papier avec un éditeur, et même en sommeil, la voilà maintenant chez
Vanloo. Au fil des numéros, une sorte d’anthologie de la poésie contemporaine
s’est ainsi constituée. La mer gelée tire son nom d’une lettre de Kafka à Oskar
Pollak (janvier 1904), où il écrit qu’un livre doit être « la hache qui brise la
mer gelée en nous ». La mer gelée s’efforce de ne pas garder le lecteur
prisonnier des mêmes œuvres, des mêmes auteurs déjà partout adoubés, déjà
partout sur le marché littéraire. Sans que ce soit systématique, la revue
préfère ainsi publier une littérature en train d’émerger, de se chercher, qui
balbutie, parfois même qui rate, mais qui en tout cas prend des risques. C'est
le quatrième numéro que publie les éditions Vanloo. Il est incontestable qu'il y
a là une rencontre. Cela est peut-être très rare actuellement, mais on peut
parler d'une famille littéraire. Une famille qui se situe bien au-delà des
chapelles littéraires, ou des chapelles tout court, c'est-à-dire ces sortes de
clan où prédominent les intérêts de l'entre-soi. Un cercle où quoique l'on
écrive, ce sera encensé par vos paires. Le lien est ailleurs, différent d'un
lien amical, plutôt un désir de découverte, une prise de risque, l'inconscience
d'aller vers tout ce qui n'est pas un produit littéraire. Chasser le formatage
et découvrir des formes.