PokerNamen PelerineOHOSoy realidadDédaignant les planches pourries qui lui
étaient proposées pour perpétuer l’ennui d’une tradition conservatrice, Tomaž
Šalamun (1941-2014) forma très tôt le plan de “dynamiter la montagne” afin
d’obtenir les pierres nécessaires à la construction du “palace” qu’il avait à
l’esprit ; une telle ambition individuelle ne pouvait que se heurter à la
société, a fortiori sous sa forme communiste.Ostracisé par le pouvoir
yougoslave, brièvement emprisonné pour ses écrits, il fait paraître ses deux
premiers recueils,(1966) et(1968), en samizdat. En 1970, alors membre du
collectif slovène d’art contemporain, il est invité à New-York par le Museum of
Modern Art. Cette découverte décisive de l’Amérique, où il ne cessera jamais de
faire de nombreux et longs séjours, Šalamun la décrivait comme sa deuxième
naissance. Définitivement “guéri de la faim pathologique des littérateurs
européens”, c’est à Ithaca, à Yaddo, à Mexico, à Guatemala, qu’il embrassa son
destin : celui d’un poète qui se présente comme tel, sans honte, avec la dignité
et la simplicité d’un maçon. Jalon d’une intense période mexicaine,(1985) nous
plonge au coeur d’une poésie fraîche et exubérante, irrévérencieuse et absurde,
qui est la réponse anarchique aux pouvoirs du langage et aux puissances de la
vie.