À mi-chemin entre "Le Prince" et "L'Art de la guerre", ce bref traité de
stratégie militaire du XIIe siècle, est peut-être, comme ses lointains et
illustres équivalents, l'un de ces ouvrages de l'heure appelés à survivre aux
circonstances qui les ont vu naître, en produit intemporel des vicissitudes de
l'histoire. De celui que certains biographes surnomment « l'ascète vagabond »,
nous savons peu de choses précises. Né à Mossoul au milieu du XIe siècle, issu
d'une famille originaire d'Hérat, comme son nom l'indique en arabe, et mort à
Alep en 1215, Abū l-Ḥassan ʿAlī ibn Abī Bakr al-Harawī était, avant tout, un
infatigable voyageur dont l'existence fut empreinte d'aventures riches en
événements. Ce mémoire concis, tenant à la fois du genre des conseils au prince
et des arts de la guerre, se présente sous la forme d'une épître répondant à la
demande d'un destinataire ayant sollicité le conseil de l'auteur.