Au cours des dernières années, le street art a pris place au carrefour
des démarches artistiques et des jugements esthétiques. On lui a consacré
des études où son histoire et sa généalogie sont retracées ; au fil des
pages, on a illustré ses chefs-d’œuvre à grands coups de photographies,
généralement superbes, mais pas toujours révélatrices de l’environnement des
murs. Bien plus rarement, on s’est interrogé sur l’impact de la pratique
pariétale sur le promeneur ou le flâneur qui, en quelque sorte, est son public
premier.
C’est ce regard particulier qui est examiné dans Street Art. Paysage
mental Récit mural. Un itinéraire s’est alors dessiné qui a ébauché une
cartographie activant aussi bien les espaces de la ville, dans la tradition
géocritique, que l’univers street-artistique.
Un tel parcours associe les images et les textes. L’auteur y explore certes
la production des graffeurs et des graffeuses, dont près de deux cents, des
plus connus (Rammellzee, Miss.Tic, Gérard Zlotykamien, Kouka, M. Chat…)
aux anonymes, sont mentionnés, mais il y sollicite aussi le cinéma et le
documentaire qui côtoient l’art pariétal (Wild Style, Agnès Varda, Chris
Marker, Carlos Saura, Eric Rohmer, …), la littérature et ses illustrations
plastiques (Georges Perec, Miguel Hernández, Julio Cortázar…) et les arts
picturaux et autres installations (Daniel Spoerri…).
En définitive, ce sont cinq décennies et de nombreux pays et villes qui sont ici
passés au crible jubilatoire du street art.