On nous dit : «Â votre critique du numérique est (globalement, partiellement ou
entièrement) juste, mais il faut tenir compte de la situation politique grave.
Nous ne pouvons pas déserter un terrain, celui des réseaux sociaux et
d'Internet, où l'extrême-droite est à l'offensive, où elle tend à devenir
hégémonique. Il faut être présent et contre-attaquer. » Non : les
extrême-droites ne reculeront pas sans que le monde change, sans que les
sociétés (re)prennent une autre texture , les discours de haine, d'intolérance,
d'appels à la violence et aux guerres civiles ne seront pas refoulés sans que
crève la bulle numérique qui enferme de plus en plus d'humains. Prétendre
combattre ces phénomènes identitaires sur le terrain des formats courts, des
clashes en ligne et des vidéos à adrénaline, est une illusion, et peut même
aggraver la situation d'éclatement de la société que nous connaissons.