Pensée comme l'accomplissement d'une vie, la vieillesse est bien souvent mise
hors champ du politique : une catégorie sans épaisseur propre. À rebours, ce
numéro cherche à ouvrir une scène collective où le vieillir peut s'énoncer, dans
sa matérialité (précarité, maladie, isolement) mais aussi dans nos façons de
percevoir, de résister et d'habiter les espaces militants, intimes ou festifs,
selon une gamme d'affects (nostalgie, mélancolie, joie). Une exploration de la
vieillesse qui refuse d'évacuer ses dimensions collectives et personnelles pour
la reprendre à partir du projet dissident d'imaginer une économie des corps et
des plaisirs échappant aux normes de productivité et de désirabilité.