Peter Kurzeck travaillait depuis une quinzaine d'années à un cycle qui devait
comporter douze volumes et qu'il avait intitulé Le vieux siècle, quand la mort
est venue l'interrompre. Ce texte d'abord conçu comme une préface à un petit
livre sur un quartier de Francfort, le quartier de la gare détruit par la
spéculation immobilière des années 60 et 70, s'est épaissi à mesure du temps,
cherchant à embrasser l'année 1983/1984 et bien au-delà, suivant les méandres du
récit et de la mémoire, remontant à l'enfance, la jeunesse, recouvrant le passé,
recouvrant la vie. C'est l'entrée dans un monde unique, cohérent, consistant –
un univers.
On le compare souvent à Joyce pour la complexité de ses structures narratives, à
Proust pour son fétichisme de la mémoire, ou à Döblin pour ses personnages de
petits bourgeois. Mais pourquoi le comparer ? Le nom de Kurzeck se suffit à
lui-même…