Au printemps 1792, à l’âge de cinquante-cinq ans, Yamanashi Shigako entreprend
le voyage d’une vie et se lance dans un périple à travers le Japon qui durera
quatre mois. Un voyage à pied de deux mille kilomètres depuis son village près
du mont Fuji pour effectuer le pèlerinage du sanctuaire d’Ise.
Un printemps sur les chemins constitue le journal inédit de ce pèlerinage, un
récit qui nous offre l’opportunité de partager le regard porté par une femme
cultivée et férue de poésie sur les lieux de culte, sites historiques et
paysages célèbres du Japon de la fin du 18e siècle, ceux que visitent encore les
touristes à notre époque. Elle fréquente nombre de temples et de sanctuaires
afin d’y prier ; elle rencontre pèlerins, moines, porteurs, marchands ; nous la
voyons émue par des rencontres de hasard et la bienveillance de ceux qui lui
viennent en aide, comme un aubergiste ou bien un vieux moine qui l’accueille.
Dans la tradition de ses prédécesseurs elle parsème son récit de poèmes, énumère
les noms des montagnes, plaines, cascades ou rivières qui lui semblent plaisants
et consigne la plupart des lieux et des paysages, ceux qui ont été dessinés et
gravés « sur le motif » par les plus grands artistes de son temps. C’est en
compagnie de l’un d’entre eux, le célèbre Hiroshige, et d’une cinquantaine de
ses estampes qui illustrent toutes les pages de ce livre précieux, que nous
cheminons dans ce voyage avec Shigako.