"Quand Anna Akimovna trouvait un instant de liberté, elle s'asseyait au petit
salon dans un profond fauteuil et, les yeux fermés, se disait que sa solitude
était bien naturelle, puisqu'elle ne s'était pas mariée et ne se marierait
jamais. Mais ce n'était pas sa faute. C'était le sort qui l'avait tirée de la
simple condition ouvrière où, à en croire ses souvenirs, elle se trouvait bien à
son aise, pour la jeter dans ces immenses pièces où elle n'avait jamais su que
faire, et elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi tant de gens défilaient
devant elle : ce qui se passait présentement lui semblait insignifiant, inutile,
car cela ne lui donnait ni ne pouvait lui donner un instant de bonheur." Deux
nouvelles, deux tableaux de solitudes irréductibles - de cet esseulement
existentiel si caractéristique de l'oeuvre tchékhovienne.