En 1939-1940, tandis que la guerre fait rage et frappe l'Angleterre, Virginia
Woolf entreprend d'écrire ses mémoires, puisant dans ses souvenirs d'enfance de
quoi rendre le présent soutenable. Son passé n'a cependant rien d'idyllique.
L'intensité sensorielle et émotionnelle de ses premières années est bien vite
assombrie par divers événements traumatiques allant de l'inceste au deuil.
« J'ai le sentiment qu'en écrivant je fais ce qu'il y a de plus nécessaire »,
explique-t-elle, et ces pages renferment en effet un témoignage des plus
précieux : celui d'une immense écrivaine qui, avec l'âge et le recul, sut aussi
bien dépeindre la magie d'un été en Cornouailles que l'ennui d'un teatime à
Londres, et la violence d'une société fondamentalement patriarcale.