Siri Hustvedt, fidèle à son engagement envers la cause féministe, analyse ici la
nature et les implications du regard, bien souvent manipulateur, voire
prédateur, que les artistes masculins tendent à poser sur les femmes. Mais elle
s'attache surtout à en identifier les partis pris, conscients ou inconscients,
qui affectent notre manière d'être au monde.
Convoquant entre autres les oeuvres de Picasso, Koons et Mapplethorpe, en
passant par Pedro Almodóvar, Louise Bourgeois et Emily Dickinson, l'autrice
interroge la façon dont nous évaluons la notion de créativité et montre que les
critères d'appréciation se modifient constamment dès lors que nous nous
déplaçons d'une culture à une autre, d'un temps au suivant - alors même que
d'aucuns prétendent à l'universalité de l'art.
Comme toujours, Siri Hustvedt, avant tout soucieuse d'ouvrir des espaces de
libre discussion, privilégie les questions aux réponses afin que le lecteur
trouve parmi ces chemins celui qu'il fera sien.