Il existe des choses sur les larmes, mais rien sur les sanglots, qui sont une
attaque du corps contre toutes les facultés (la parole, la pensée, la station
debout) qui font de nous de nous des sujets. Les sanglots surviennent en général
dans une situation d'impuissance (deuil, rupture, etc.), et le corps redouble
cette impuissance en neutralisant ces facultés. Ce faisant, ils nous obligent à
la regarder en face, cette impuissance, et la vanité de notre être sujet. Les
corps qui sanglotent souvent sont des corps auxquels a été conféré d'office un
statut de sujet qui est en même temps empêché, provisoire, conditionnel, sous
probation.