À la fin du XIXe siècle, dans les terres arides reculées du Nordeste brésilien,
une communauté d’habitants du sertão a bâti une ville baptisée Belo Monte. Sous
l’égide d’Antoine le Conseiller, un prêcheur charismatique, ils sont parvenus à
dompter le désert. Mais ils professaient, au nom de leur foi chrétienne, le
rejet de la jeune république laïque du Brésil.
Le nouveau régime, jugeant qu’il n’y avait là qu’un ramassis de fanatiques
dégénérés, a envoyé coup sur coup quatre expéditions militaires pour en finir
avec cette « Troie de torchis ». Au terme d’un an de guerre, la population fut
exterminée et le lieu voué à la damnation mémorielle. Un photographe, Flávio de
Barros, réalisa sur place, aux derniers jours des combats, des images
bouleversantes.
À partir de ces clichés, Sébastien Rozeaux propose une histoire puissamment
suggestive de cette expérience collective et de sa mémoire, en même temps qu’une
réflexion profonde sur la place de l’utopie dans le monde contemporain.