Philippe Torreton a passé quelques nuits avec le Samusocial. Des nuits de
maraude dans Paris, aux côtés des infirmiers, des
travailleurs sociaux et des gens qui vivent dans la rue. Les signalements,
les déplacements en ambulance, les conversations : Philippe
Torreton a tout enregistré, pour ne rien trahir, pour restituer au plus
près ce qu’il a pris comme une claque. De ces heures transcrites,
il tire un long poème en prose qui n’a rien d’emprunté
ou d’artificiel. Il raconte au contraire avec une vivacité
saisissante la misère, la spirale infernale, la folie parfois, ou
l’exil, mais aussi l’engagement, l’espoir,
l’amitié et l’impuissance de ceux qui se battent,
la colère de ne pouvoir faire plus.
L’inanité de la parole politique aussi. Un texte singulier qui
nous met aux prises avec la réalité de la pauvreté, celle
qu’on croise tous les jours sur les trottoirs.