La tradition veut que le XVIIIᵉ siècle ait été le siècle de la prose romanesque,
de la rhétorique philosophique, politique et révolutionnaire, mais qu'il ait été
stérile en poésie. Michel Delon rompt avec cette idée trop largement reçue, et
montre, à travers soixante-dix-sept auteurs, que le XVIIIᵉ siècle est une époque
de libres recherches, formelles et thématiques, où se côtoient poésie amoureuse,
érotique et libertine, poésie philosophique, tradition religieuse et mystique,
poésie descriptive. Surtout, on verra que les Romantiques n'ont eu de cesse que
de promouvoir leur propre singularité en effaçant ou en rabaissant les oeuvres
de leurs aînés, avec d'autant plus de détermination que leurs emprunts étaient
manifestes.