Publié en 1959 er réédité en 1970. Cette édition d’Autocritique comporte en
outre une préface de 1991.
Sa mort a restitué au communisme toute sa dimension historique. Ce n’est plus
seulement l’énorme bureaucratie totalitaire des dernières années. C’est
l’aventure humaine la plus importante du XXe siècle.
Edgar Morin y est entré en pleine guerre, à vingt ans, avant Stalingrad, puis a
connu le doute en 1946, le déchirement en 1947, l’exil intérieur en 1949 puis le
rejet en 1951.
Sans cesser d’en voir le caractère monstrueux, ce livre témoigne d’une
gigantesque tentative pour changer le monde, de l’espérance apocalyptique portée
par des militants capables de sacrifier leur vie et leur honneur. Il nous montre
comment l’Appareil peut faire du même être un héros ou un monstre, un martyr ou
un bourreau. Il donne à voir le destin extraordinaire d’une Croyance qui s’est
crue scientifique, et qui fut en fait la grande religion du Salut terrestre,
issue de toutes les aspirations bafouées par nos sociétés et nourrie de tous les
idéaux de la culture européenne.
Ce livre demeure unique comme compréhension du communisme à partir de
l’expérience historique et de l’expérience intérieure.
Edgar Morin (1921-2026)
Philosophe et sociologue, penseur de la complexité, directeur de recherche
émérite au CNRS, docteur honoris causa de vingt-sept universités à travers le
monde, il est l’auteur d’une œuvre transdisciplinaire abondamment commentée et
traduite, dont l’ambitieuse Méthode, en sept tomes, disponible chez Points.
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