Anéantir l’esprit et rendre au corps sa gloire suante : tel est le programme de
cet attentat littéraire lancé en 1947, comme une déflagration contre la tyrannie
abstraite qui fait du premier un maître et du second un rebut. Il s’agit de
faire table rase, d’en finir avec cette escroquerie immonde, usée pour mieux
commettre les crimes et dénaturer l’existence. Le corps ne procède pas de
l’esprit mais l’inverse, et plus l’esprit enfle, plus la vie se retire et la
matière se corrompt. Une cingle profane qui vient tourner en dérision la vieille
figure paternelle et divine de l’esprit – et qu’enfin, ensemble, nous puissions
lui hurler : chiote.