Cette édition propose un choix de poèmes réalisé par Celan lui-même. C'est le
parcours de l'auteur dans son oeuvre. L'extrême dispersion des éditions de Celan
en français confère à ce livre une fonction d'éclaireur, de viatique. Celui-ci
invite à plus qu'à la découverte d'un poète majeur de ce siècle : il favorise
une approche qui se change en reconnaissance. À l'effrayante question : comment
écrire après Auschwitz ? Celan répond : en usant du langage de la mort. Car il
eut à affronter et à vivre l'un des plus tragiques paradoxes qui soit : sa
langue maternelle, l'allemand, est à la fois celle qui fonde sa culture et son
identité, mais aussi celle qui régit le camp d'extermination où disparaissent
ses propres parents. Et pourtant, Celan ne peut sans "mentir" (c'est lui qui le
note) se soustraire à cette langue de l'enfance et de l'oppression mêlées.