À travers ce tome 2 de la Trilogie des funérailles, Angélica Liddell continue à
explorer l’idée de la mort.
Alors que dans Vaudou, elle célébrait ses propres funérailles, dans Dämon, ce
sont celles d’Ingmar Bergman qu’Angélica Liddell honore, prenant au mot le
cinéaste suédois, qui en avait écrit lui-même le scénario.
Dans cette pièce emplie de démons, rêves et fantômes, on voit un Bergman qui
aspire, dans ses derniers jours, à une mort douce, tout en regardant les
funérailles du pape Jean-Paul II en direct à la télévision ; ou encore un
Bergman qui commande pour son propre enterrement une boîte en bois exactement
comme celle utilisée pour le Saint-Père. Le Songe de Strindberg, une des pièces
qu’il a mises en scène à plusieurs reprises, y est à nouveau jouée. Avec Dämon,
Angélica Liddell nous invite à contempler nos fantasmes enfouis et nos terreurs
inavouées, jusqu’à nous confronter au dernier démon qui n’est pas la Mort mais
la Vanité.