Cette pièce de Sara Stridsberg éclaire la destinée de Christine de Suède
(1626-1689) en interrogeant la représentation de la royauté exercée par une
femme qui refusait de se plier aux exigences du pouvoir. Cette figure féminine à
la personnalité peu commune, farouchement éprise de liberté et d’une conception
de l’amour non normée, en dehors du mariage et des alliances classiques, est
dépeinte avec humour et désinvolture. Héritière du trône de Suède à l’âge de six
ans à la mort de son père, qui l’élève comme un garçon, elle accède au pouvoir à
l’âge de 18 ans, et se passionne d’arts et de philosophie, enjoignant Descartes
de venir à la cour lui dispenser des enseignements quotidiens. Elle choisit
d’abdiquer en 1654 et se convertit au catholicisme, se détournant de la foi
luthérienne. Dans la pièce de Stridsberg, la « Fille Roi » est une personnalité
duale, impulsive et réfléchie, éclairée et despote, amant et amante, émancipée
et tyrannique. Une fiction librement inspirée de l’histoire de la monarchie
européenne.