Abram promet depuis longtemps à ses filles le récit de sa vie, mais les mots
pour raconter ne semblent pas venir. Pour provoquer les souvenirs, sa fille Sára
retourne avec lui en Hongrie. Le roman chemine alors entre le récit de la
Hongrie actuelle et celui de la vie d’Abram, exilé après l’Insurrection de
Budapest en 1956. À travers son récit emblématique, il conte l’histoire
hongroise de la seconde moitié du XXe siècle, là où s’arrête Ce que j’ai voulu
taire de Sándor Márai.
Au fil de leurs pérégrinations d’un bout à l’autre du pays, Sára questionne. Les
lieux arpentés sont l’occasion de faire revivre la famille au complet. La
grand-mère Piroska est restée pour toujours dans «la maison aux colonnes» de
Badaló; Anyja, la mère, passe d’une usine à l’autre avant d’émigrer avec sa mère
et Abram au lendemain de l’insurrection, tandis qu’Apja, le père, juge de
profession, tributaire des différents régimes qui se succèdent, alterne entre
les tribunaux et le maquis.
En beaux caractères est à la fois un roman d’apprentissage d’une mémoire
familiale et culturelle et un témoignage de la deuxième génération confrontée à
une identité insaisissable.