De plus en plus dépouillée, austère et forte, la poésie d'Édith Boissonnas garde
ce ton très personnel qui est le sien. Plutôt que de céder aux prestiges de la
langue, elle a choisi de décrire sans complaisance l'extrême fragilité de
l'être, ses faiblesses, ses vacillements, son absence de certitude. C'est comme
si une véritable exigence morale lui interdisait de masquer les avatars de la
personne, la confrontation quotidienne avec la mort, sous les trop beaux
ornements de la prosodie. Et pourtant, malgré l'ascétisme volontaire, un élan
fou déplace le donné et montre du doigt l'infini qui est en nous.