Connaissez-vous l’histoire des Gamines aux mains bleues ? Approchez. Écoutez les
serments chuchotés. Il faut suivre les rires et les traces de doigts, surveiller
les coins de rues, coller l’oreille aux murs des maisons. Les gamines ont des
choses à vous dire, quatre vérités effrontées. On ne naît pas Gamine aux mains
bleues. On le devient. A force de trafics de bonbecs, d’émeutes au sommet des
marelles et de cruautés enfantines, trempées dans l’encre bleue. Les Gamines
sifflent une chanson libre, elles tricottent la dentelle des rébellions et
détissent vos héritages. Le gang prépare de nouvelles offensives, conspire dans
les quartiers résidentiels faussement tranquilles. Sales gosses, mains bleues,
vivaces, vivantes. Promis, juré, craché. Au fond de nos Mémoires Insectoïdes
bourdonnent les milles possibles du petit et du grand, toutes formes de la nuit
et du jour. Maitres des perspectives, nous savons voler, nous faire meute,
foncer ou nous cogner aux fenêtres, aventurons nos antennes et tous nos yeux
partout. Crapahutant parfois minuscules, nous immiscer dans les appartements.
Revenant, faisons foule et virulents piquant la peau. Essayant de fuir la toile
d’amnésie araignée.