GTA. Depuis trente ans, ces trois lettres n’ont cessé de s’inscrire dans nos
imaginaires. GTA, ou Grand Theft Auto, n’est pas seulement devenu l’un des jeux
vidéo les plus joués au monde, mais une icône incontournable de la culture
populaire. Une référence désormais connue de la planète entière, capable de
faire exploser les compteurs d’Internet à la moindre annonce, et de générer des
milliards de recettes. Pionnier du jeu en monde ouvert, cette satire
auto-proclamée d’une Amérique décadente, inspirée des plus grandes épopées
criminelles hollywoodiennes, des Affranchis à Scarface, a rendu son créateur,
Rockstar Games, aussi riche que puissant. Anar, goguenard, drôle, cynique,
ironique, violent, fascinant, problématique, GTA n’a cessé de faire parler de
lui en s’imposant comme l’un des objets médiatiques les plus sulfureux et
discutés. C’est ce phénomène dans toute sa complexité, ses contradictions, ses
mécanismes, qu’Angelo Careri analyse dans cet ouvrage unique au monde. En
s’appuyant sur une connaissance intime du médium, empruntant aux outils de la
critique sociale, de la philosophie et de l’esthétique, il replace à la fois GTA
dans l’histoire de la société américaine et son horizon capitaliste, tout en
opérant une déconstruction exemplaire de son discours, de sa fascination pour la
figure du gangster ou encore de ses détournements qui font du jeu aujourd’hui un
étrange simulateur de vie. Complété d’une iconographie de l’artiste Leonardo
Magrelli et d’une préface par Mathieu Triclot, auteur de Philosophie des jeux
vidéo (Zones, 2011), le livre d’Angelo Careri se présente comme une lecture
essentielle pour mieux comprendre les origines et les perspectives d’un mythe.