Irène est un portrait. Dans ce portrait il y a trois femmes, trois voix qui
s'écoutent, s'enchevêtrent, se confondent. Irène est une rencontre. Qui n'aurait
pas eu lieu sans la mort de l'une des trois déchirant brutalement un quotidien
tissé avec précautions et amour. Irène est une amitié, chaque amitié a son
écriture propre. À la mort de sa fille, la douleur d'Irène est telle que ce
qu'il lui reste de vie est porté à un degré maximal d'intensité. Incandescence.
Elle n'a pas le choix. L'ordinaire n'est plus respirable. La narratrice se
trouve sur le chemin d'Irène et l'assiste. Elle assiste. L'âge n'a plus
d'importance. La vie d'Irène cherche son souffle ailleurs. Dans des endroits
d'elle-même qu'elle ne s'était pas autorisée à faire exister jusqu'alors, dans
un désir de chant inspiré par sa fille et qui irrigue ce livre. Ce livre est une
boucle. Peut-être devrait-il commencer là où il s'achève. Après Ecoldar et Temps
permettant, Irène est le troisième livre de Christine Lapostolle aux éditions
MF.