« La poésie ne doit pas être confession mais recherche de vérité »,
affirme-t-elle. « La poésie, pour moi, c’est d’abord réussir à transmettre
l’expérience du réel collectif ». Or elle accepte ici, d’une certaine manière,
d’expérimenter une prose directement et narrativement autobiographique – avec la
distance d’une troisième personne et de multiples transfigurations, certes, mais
cependant lisible comme le journal d’une crise, où le sujet se raconte et, se
racontant, remonte dans le passé aux racines de son histoire, et se questionne.
Étonnamment, elle définit elle-même ce texte comme son « mini-roman ». Journal
Obtus (Diario ottuso, 1990) est l’avant-dernier livre publié par Amelia Rosselli
– « le plus grand poète italien du XXe siècle », au dire de Pasolini qui publie
ses premiers poèmes dans la revue de Vittorini et Calvino, Il Menabò, en 1964.