Henri Michaux réservait chaque semaine une journée entière au silence et à la
méditation. De ces parenthèses de retrait – là où l’esprit n’acquiert plus,
n’entasse plus, ne range plus – sont nés les neuf poèmes qui composent ce
recueil. Il y explore les voies récurrentes de son œuvre, notamment graphique :
l’expérience du vide, du silence, de l’ailleurs. S’opère alors une rupture avec
le langage ordinaire, comme pour mieux accéder à une parole autre, plus
intérieure, plus essentielle. Délivré de l’intranquillité, l’être peut alors
rejoindre l’au-delà des choses, glisser hors du monde, seuil après seuil,
jusqu’à l’irréductible inconnu : la sagesse et ses multiples torrents. Une
médiation entre l’espace et le corps où «le varié, le divers, le distrayant n’a
plus sa part, sa monstrueuse part».