Jean Cassou disait d'Ortega y Gasset qu'il ne craignait pas la frivolité, voire
la recherchait. Ce n'est pas le moindre des paradoxes, quand on lit ce texte-ci,
mélange de critique "sérieuse" et de fascination-répulsion pour un art devenu
aux yeux de l'auteur futile. L'auteur s'attaque à une tendance de l'art de
l'époque (ce texte est publié pour la première fois en 1925) à éliminer la
figure humaine de ses sujets au point de devenir autocritique, voire un jeu
entre artistes. Cela conduit à le rendre impopulaire. Dégagé du sérieux et de
tout pathos, l'art perd sa transcendance au profit de la superficialité, du
divertissement. Il est le symptôme d'une crise culturelle, qui annonce la
décadence d'une société de plus en plus tournée vers le spectacle.