Sous un gros soleil blanc, à l’ombre de la prison de Versailles, le funestement
célèbre Landru, accusé d’avoir assassiné plusieurs femmes pour raisons
pécuniaires, est sommé d’avouer. Avocat, maîtresse, geôlier, Troisième
République lui font sa fête : tous s’agitent autour de lui avant que tombe le
couperet. Car le lubrique président Millerand a refusé sa grâce, scellant ainsi
son sort : mais dans ce monde où la folie semble générale, comment se sentir
coupable ? Guillotiné, il voguera désormais dans des tréfonds cauchemardesques
pour y revêtir les traits d’un Don Juan infernal. Sur les rives du Styx, il
croisera Charon, Cerbère, et ses victimes métamorphosées en une vache à tête de
femme, spectre grotesque et vengeur du passé criminel qui lui colle aux bottes.
Dans cette oeuvre aux rimes mortelles, Alexandre Bonnet-Terrile revisite
l’histoire du tueur et, d’une poésie qui fait mouche, assène quelques estocades
à la justice des hommes. Des vers drôles et macabres qui rebattent les cartes du
genre.