" Je ne suis "entré en philosophie" que pour avoir subi le coup ou le choc de la
pensée de Heidegger. Presque au même moment j'ai appris que Heidegger avait
adhéré au nazisme. Et je dois avouer que, comme beaucoup d'autres, je ne m'en
suis jamais remis. Quelle que soit l'admiration qui fut (et reste) la mienne à
l'égard de la pensée de Heidegger, de cette adhésion je ne peux, et je n'ai
jamais pu, politiquement et plus que politiquement, m'accommoder. Ce petit livre
essaie en somme d'expliquer pourquoi." Paru aux premiers jours de 1988, dans un
contexte où le " cas Heidegger " était sur le devant de la scène française, ce
livre, qui concentre les enjeux d'une recherche au long cours, répond aussi, par
les post-scriptum qui le scandent, à des objections. Il fait porter le débat sur
la responsabilité politique radicale de la philosophie dans l'Extermination et
met en cause l'Occident dans son essence. Surtout il s'avance dans une approche
des rouages de cette violence exterminatrice, en particulier avec le concept de
national-esthétisme élaboré dans le sillage de Walter Benjamin et Bertolt
Brecht. La réédition d'un texte de référence qui éclaire le rapport de la pensée
au politique.