Un petit groupe de survivants avance sans relâche à travers des landes désertes.
Parmi eux, une ancienne moinesse dont les prières semblent aimanter le désastre,
et un barde qui, la nuit venue, chante la fin de tout. La marche s’étire,
ponctuée de rencontres inquiétantes, d’attaques de loups, d’incidents tragiques
qui démantèlent peu à peu la fragile cohorte.
Sur leurs traces se met en route une étrange bonzesse chargée de remettre ces
rescapés sur un chemin moins éprouvant. Mais pour ceux qui restent, l’errance se
poursuit, prenant parfois la forme d’un western ralenti et déjanté.
Retour au goudron est un objet monumental, constitué de 343 cahiers bardiques
aux rubriques régulières, à l’intérieur desquels figurent de nombreux textes
inédits. Ces textes font l’objet d’une édition en onze volumes parus
simultanément chez des éditeurs différents. La Grande misère est l’une des
composantes de cette ultime performance littéraire.
Ainsi, sous la signature du collectif Infernus Iohannes, se clôt l’édifice du
post-exotisme dont Antoine Volodine a longtemps été le porte-parole.