Les 209 poèmes de La journée commence jouent avec les attentes de lecture. « La
journée commence » mais comment peut-elle se poursuivre en période de deuil,
s’interroge la poétesse. Les quatrains d’Anja Utler reflètent une profonde crise
spirituelle et émotionnelle. L’écriture quotidienne lui permet cependant de
s’extraire de la litanie du deuil. Les poèmes décrivent l’instabilité et la
fragilité de l’être à travers la saisie de perceptions simples et tangibles.
Les poèmes sont suivis d’un essai dans lequel l’autrice revient sur le contexte
du recueil dont la rédaction a débuté en février 2022, juste après l’invasion de
l’Ukraine par la Russie. L’éclatement de la guerre a plongé Utler dans une
détresse et, plus surprenant, dans un état de deuil sur lequel elle s’interroge,
examinant notamment la question de sa légitimité. Une fois passé le moment du
choc, l’autrice s’est trouvée confrontée à des doutes profonds quant au sens de
son travail d’écriture et aux convictions sur lesquelles celui-ci reposait
jusqu’alors.