La voie du large, sixième livre de Michèle Finck publié par les éditions
Arfuyen, a remporté en 2024 le prix Apollinaire.
Depuis Balbuciendo (2012), son premier livre chez Arfuyen, Michèle Finck
poursuit une œuvre d'une rare puissance et intensité. Le présent ouvrage aurait
pu s'appeler Leçons de silence s'il avait eu une intention démonstrative, mais
l'ambition de Michèle Finck est toute différente. Il ne s'agit ici que de
simples témoignages rapportés de l'exploration de ce tréfonds de silence qui
veille en nous, en-deçà de la conscience et du langage.
Le terme fait penser à cet « arrière-pays » qui a donné son titre au récit
autobiographique publié par Yves Bonnefoy en 1972. Mais le pays qu'évoque ici
Michèle Finck est une contrée purement intérieure : « arrière-silence cette
rumeur silencieuse unique en chacun de nous / qui nous accompagne toute une vie
en s'accumulant strates par strates dans l'arrière-crâne / c'est avec son énigme
que nous passons notre existence - et peut-être notre mort ».
Ce livre, comme tous les ouvrages de Michèle Finck, est soutenu par une
puissante architecture en sept mouvements : « L'origine » (prologue), « Les
muets », « La femme », « A cappella pour les sans voix », « Le chant des choses
», « L'invention du silence », « La leçon de silence », « Neige, enfin «
Pianécrire » (épilogue).