Au début des années 1970, une mère et sa fille de 56 ans vivent dans un immense
manoir à East Hampton, station balnéaire de la bourgeoisie new-yorkaise. Mais
depuis plusieurs années, le manoir se dégrade : Big Eddie et Small Eddie ne
vivent plus que dans une seule pièce, avec des dizaines de chats et quelques
ratons laveurs. Dans cette chambre, encombrée du sol au plafond, elles mangent,
lisent les journaux, évoquent des souvenirs, font rarement le ménage, et se
demandent comment elles font pour se supporter.
Edith Ewing Bouvier Beale et Edith Bouvier Beale sont deux icônes camp du XXe
siècle, rendues célèbres par le documentaire Grey Gardens de 1975 sur leur vie
dans leur manoir délabré. L’Art de la chute de Sara Stridsberg s’empare de ces
femmes qui ont marqué l’imaginaire états-unien, aristocrates déchues, tante et
cousine de Jackie Kennedy vivant dans un monde rêvé. Images de l’isolement et de
la démesure, Big Eddie et Small Eddie, quelques années avant le tournage du
film, nous parlent des relations dysfonctionnelles qui peuvent exister entre
mère et fille, de l’abandon et de l’amour malgré tout.