Le ciel pas d'angle, "quarante-cinq poèmes pris dans le réel", a été écrit en
dix ans. Il s'appuie sur une méditation des conquêtes de la peinture moderne, de
Manet à Matisse, avec Cézanne comme figure centrale. La poétique et l'écriture
cessent ici de privilégier tel ou tel moment de l'expérience sensible, en
annulant toute hiérarchie dans le compte rendu du réel ; elles visent à traduire
l'espace entre les choses - les choses et les êtres c'est tout un -, l'espace
entre les éléments du sensible et la grande mélodie qui les lie.