Les chevaux du temps Quand les chevaux du Temps s'arrêtent à ma porte J'hésite
un peu toujours à les regarder boire Puisque c'est de mon sang qu'ils étanchent
leur soif. Ils tournent vers ma face un oeil reconnaissant Pendant que leurs
longs traits m'emplissent de faiblesse Et me laissent si las, si seul et
décevant Qu'une nuit passagère envahit mes paupières Et qu'il me faut soudain
refaire en moi des forces Pour qu'un jour où viendrait l'attelage assoiffé Je
puisse encore vivre et les désaltérer.